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Boîtes de repas préparés avec du riz, des pois chiches, des légumes et de l’avocat sur une surface en pierre claire.

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Nutrition pour la prise de muscle : ce dont tu as vraiment besoin

· Chris · 12 min de lecture · Mis à jour

La nutrition pour la prise de muscle se résume à quatre questions :

  1. Reçois-tu assez d’énergie ?
  2. Reçois-tu assez de protéines ?
  3. Reste-t-il assez de place pour les glucides et les lipides ?
  4. Peux-tu tenir cette alimentation pendant des mois ?

Le reste relève des réglages fins.

Tu n’as besoin ni de six repas par jour, ni d’un surplus calculé au chiffre près de 327 kcal, ni d’un assortiment de compléments.

Il te faut une alimentation qui soutient ton entraînement sans être si compliquée que tu l’abandonnes au bout de trois semaines.

Calories : quelle taille de surplus viser ?

Un surplus de 200 à 500 kcal par jour est souvent conseillé pour prendre du muscle.

Cela peut fonctionner comme point de départ approximatif.

Mais présenter cette fourchette comme un optimum scientifiquement démontré serait trop précis.

Ce qui est établi

Construire du muscle demande de l’énergie.

Un surplus calorique crée un contexte favorable et constitue une stratégie pertinente, surtout pour une personne mince et déjà entraînée.

Cela ne signifie pas pour autant :

Plus le surplus est élevé, plus les muscles poussent vite.

Une étude de Helms et de ses collègues a comparé, chez des pratiquants de musculation, un apport de maintien à des surplus planifiés d’environ 5 % et 15 %.

L’étude était petite — il ne restait que 17 participants à la fin —, mais le schéma observé est intéressant :

Une prise de poids plus rapide augmentait bien plus sûrement l’épaisseur des plis cutanés, donc la masse grasse, que la croissance musculaire.

Les auteurs ont donc recommandé des surplus prudents, adaptés au niveau d’entraînement.

Recommandation pratique

Pour beaucoup de pratiquants, commencer à environ 5 à 10 % au-dessus du maintien est plus raisonnable que d’ajouter immédiatement 500 kcal.

Observe ensuite :

  • l’évolution du poids corporel sur plusieurs semaines ;
  • les performances à l’entraînement ;
  • l’évolution des mensurations et des photos ;
  • éventuellement, la tendance du taux de masse grasse.

Une personne encore relativement novice peut prendre du poids plus vite qu’un pratiquant très avancé sans que tout le poids supplémentaire soit du gras.

En général, plus tu avances, plus le rythme doit devenir prudent.

Recomposition : peut-on prendre du muscle et perdre du gras ?

Oui.

Mais pas aussi facilement pour tout le monde.

La recomposition est particulièrement plausible chez :

  • les débutants ;
  • les personnes qui reprennent ;
  • les personnes ayant un taux de masse grasse plus élevé ;
  • celles dont l’entraînement précédent était nettement inférieur à leur potentiel.

Même une personne entraînée peut, dans certaines conditions, perdre du gras tout en construisant de la masse musculaire.

Plus tu es avancé et mince, plus cette marge diminue généralement.

Si ta priorité est de maximiser la prise de muscle, un petit surplus reste le choix le plus simple dans la plupart des cas.

Si ta priorité est de perdre du gras, le bilan énergétique passe en premier. Dans ce contexte, le NEAT, c’est-à-dire l’activité quotidienne, influence souvent ta dépense calorique plus que tu ne le perçois au quotidien.

Protéines : une fourchette pertinente de 1,6 à 2,2 g/kg

La célèbre méta-analyse de Morton et de ses collègues a identifié un point de rupture moyen proche de 1,6 g de protéines par kg de poids corporel et par jour.

La limite supérieure de l’intervalle de confiance se situait autour de 2,2 g/kg.

Ce n’est pas une zone magique, mais un cadre pratique très utile.

Poids corporel1,6 g/kg2,0 g/kg2,2 g/kg
60 kg96 g120 g132 g
70 kg112 g140 g154 g
80 kg128 g160 g176 g
90 kg144 g180 g198 g
100 kg160 g200 g220 g

Pour beaucoup, 2,0 g/kg est simplement pratique : le calcul est facile et laisse une petite marge.

Pour comprendre pourquoi 1,6 g/kg n’est pas une limite absolue et dans quels cas un apport supérieur peut se justifier :

Besoins en protéines : pourquoi 1.6g/kg suffit

Timing des protéines : un réglage fin, pas un compte à rebours

Le total quotidien est plus important que de savoir si ton shaker arrive 20 ou 80 minutes après l’entraînement.

Le timing n’est toutefois pas complètement dénué d’intérêt.

Un cadre raisonnable consiste à prévoir :

  • plusieurs repas riches en protéines dans la journée ;
  • environ 0,3 à 0,5 g/kg de protéines par repas comme ordre de grandeur pratique ;
  • un repas protéiné quelques heures avant ou après l’entraînement.

Si tu as mangé peu avant la séance, tu n’as guère besoin de te presser ensuite.

Si, au contraire, tu t’entraînes après une longue période de jeûne, prendre rapidement une portion de protéines devient plus pertinent.

C’est une question de priorités, pas de fenêtre magique.

Glucides : un carburant utile, mais pas « essentiel »

Une règle courante mérite ici une correction claire.

Sur le plan physiologique, les glucides ne sont pas un nutriment essentiel au même titre que les acides aminés ou les acides gras essentiels.

Et tes performances en musculation ne s’effondrent pas automatiquement sous 3 g/kg.

Une revue systématique de 2022 n’a souvent trouvé aucun avantage clair à ajouter des glucides chez des sujets nourris réalisant des séances classiques allant jusqu’à environ dix séries par groupe musculaire.

Les bénéfices apparaissaient plutôt :

  • après un jeûne prolongé ;
  • pendant des séances à très haut volume ;
  • en cas de forte déplétion du glycogène ;
  • lorsque plusieurs séances sont rapprochées.

Cette lecture est plus juste.

Combien de glucides manger ?

Il n’existe pas de valeur universelle.

En phase de prise de masse, la démarche suivante fonctionne souvent :

Fixer les protéines → fixer les lipides à un niveau modéré → couvrir surtout les calories restantes avec des glucides.

Chez les pratiquants actifs, cela aboutit fréquemment à environ 3 à 5 g/kg par jour.

Mais ce chiffre découle de tes besoins énergétiques et de ton volume d’entraînement ; ce n’est pas un minimum indispensable pour prendre du muscle.

Si tu t’entraînes bien avec moins de glucides tout en consommant assez de calories et de protéines, ce choix n’est pas automatiquement inférieur.

Lipides : en manger assez sans en faire un mythe hormonal

L’affirmation « au moins 1 g/kg de lipides, sinon la testostérone s’effondre » est elle aussi trop catégorique.

Les recommandations nutritionnelles situent souvent les lipides totaux autour de 20 à 35 % de l’apport énergétique quotidien.

Certaines revues consacrées au bodybuilding proposent des fourchettes plus larges rapportées au poids corporel, comme 0,5 à 1,5 g/kg.

Une méta-analyse de 2025 n’a relevé aucune différence significative sur diverses hormones sexuelles entre des régimes pauvres et riches en lipides chez l’adulte, mais les données restaient limitées.

La recommandation pratique est donc plus simple :

  • n’adopte pas une alimentation extrêmement pauvre en lipides ;
  • couvre tes besoins en acides gras essentiels ;
  • garde assez de calories disponibles pour les protéines et les glucides ;
  • choisis une répartition que tu apprécies réellement.

Pour beaucoup, tirer 20 à 35 % des calories des lipides constitue un bon repère quotidien.

Compléments : établir des priorités plutôt que dire « ça marche » ou « ça ne marche pas »

Le plus utile est de classer les compléments selon leur fonction.

Créatine monohydrate : un complément direct à la musculation

La créatine possède les données les plus solides pour améliorer davantage la force et la masse maigre lorsqu’elle accompagne la musculation.

Son utilisation est simple :

3 à 5 g par jour.

L’analyse complète des données sur les reins, la rétention d’eau et la chute des cheveux se trouve ici :

Créatine et musculation : l’analyse des données

Caféine : un gain ponctuel de performance

La caféine peut agir sur l’endurance de force, la vigilance et l’effort perçu.

Les doses ergogènes habituelles se situent autour de 3 à 6 mg/kg, bien que des doses plus faibles suffisent chez certaines personnes.

Une dose plus forte n’est pas automatiquement meilleure.

Si la caféine dégrade ton sommeil, son effet net sur ton entraînement peut devenir négatif.

Protéine en poudre : un aliment sous forme de poudre

La whey, la caséine ou les mélanges végétaux ne sont pas des raccourcis vers la prise de muscle.

Ils sont pratiques lorsque ton alimentation ordinaire ne couvre pas tes protéines.

C’est une utilité légitime.

Mais pas magique.

Bêta-alanine, citrulline et autres

D’autres compléments disposent de données pour certains critères de performance.

La bêta-alanine peut notamment être intéressante pour des efforts intenses qui durent davantage. Selon les études, la citrulline produit de petits effets ponctuels sur le nombre de répétitions.

Pour une prise de muscle classique, ces effets comptent nettement moins que la créatine, la caféine et une alimentation adaptée.

BCAA et « boosters de testostérone »

Si tu consommes assez de protéines complètes, tu n’as généralement pas besoin d’ajouter des BCAA.

Les données soutenant une hausse pertinente de la force ou de la masse musculaire grâce aux « boosters de testostérone » chez l’homme en bonne santé sont faibles.

L’ordre de priorité reste :

Entraînement → calories → protéines → sommeil → compléments seulement ensuite.

Un cadre nutritionnel pratique

Tu n’as pas besoin d’un calculateur de macronutriments parfait.

Étape 1 : fixer les calories

Pour une prise de masse, tu peux par exemple commencer par un petit surplus d’environ 5 à 10 %.

Si ton poids monte plus vite que souhaité et que les mensurations augmentent surtout à la taille, réduis-le.

Étape 2 : fixer les protéines

1,6 à 2,2 g/kg de poids corporel.

Une valeur simple par défaut est 2,0 g/kg.

Étape 3 : maintenir les lipides à un niveau modéré

Par exemple, environ 20 à 35 % des calories.

Étape 4 : attribuer le reste aux glucides

Les glucides restent ainsi flexibles et s’adaptent automatiquement à tes besoins énergétiques.

Exemple pour un poids corporel de 80 kg

Imaginons que ton objectif énergétique soit de 2.800 kcal.

Un point de départ possible :

  • protéines : 160 g = 640 kcal ;
  • lipides : 75 g = 675 kcal ;
  • reste disponible pour les glucides : environ 371 g = 1.485 kcal.

Ce n’est qu’un exemple.

Pas la répartition optimale pour chaque pratiquant de 80 kg.

Si tu préfères manger 300 g de glucides et un peu plus de lipides, tout en t’entraînant aussi bien, cette répartition est tout aussi plausible.

Comment savoir si ta prise de masse fonctionne

Le plan alimentaire n’est pas l’objectif.

Le progrès l’est.

Sur plusieurs semaines, observe :

  • ton poids corporel augmente-t-il lentement ?
  • tes performances progressent-elles ?
  • les mensurations pertinentes augmentent-elles ?
  • ton tour de taille progresse-t-il nettement plus vite que le reste ?
  • te sens-tu performant pendant tes séances ?
  • peux-tu suivre cette alimentation sans faim constante ni contrainte excessive ?

Une seule pesée renseigne peu.

Une tendance sur quatre à huit semaines est bien plus instructive.

Transparence : hitPR n’est pas une application de nutrition

hitPR suit ton entraînement, pas tes repas.

L’application ne propose aucune fonction nutritionnelle, et ce choix est volontaire.

Des applications spécialisées existent pour les calories et les macronutriments.

hitPR se concentre sur les éléments utiles pendant l’entraînement :

Le lien avec la nutrition reste important.

Si ton poids augmente mais que tes performances stagnent pendant des mois, « manger plus » n’est peut-être pas la solution manquante.

À l’inverse, si ton programme progresse proprement alors que ton apport énergétique est trop faible, la nutrition peut devenir le facteur limitant.

Conclusion

La nutrition pour la prise de muscle ne demande aucune formule parfaite de macronutriments.

Les décisions essentielles sont :

  • Calories : un petit surplus maîtrisé au lieu d’une prise de poids aussi rapide que possible ;
  • Protéines : environ 1,6 à 2,2 g/kg ;
  • Glucides : à adapter au volume d’entraînement, aux calories et à tes préférences ;
  • Lipides : un apport modéré plutôt qu’extrêmement bas ;
  • Compléments : la créatine est pertinente, la caféine facultative, le reste dépend des besoins.

La meilleure alimentation n’est pas celle qui contient le plus de règles.

C’est celle qui soutient ton entraînement, apporte assez de protéines et d’énergie, et peut être suivie assez longtemps pour laisser à la prise de muscle le temps de se produire.

L’autre moitié de l’équation est détaillée ici :

Récupération en musculation : l’analyse des données

Pour aller plus loin :


Sources

  • Morton RW et al. (2018). A systematic review, meta-analysis and meta-regression of the effect of protein supplementation on resistance training-induced gains in muscle mass and strength in healthy adults. British Journal of Sports Medicine, 52(6):376–384.
  • Helms ER et al. (2023). Effect of Small and Large Energy Surpluses on Strength, Muscle, and Skinfold Thickness in Resistance-Trained Individuals: A Parallel Groups Design. Sports Medicine - Open, 9:102. PubMed 37914977
  • Iraki J et al. (2019). Nutrition Recommendations for Bodybuilders in the Off-Season: A Narrative Review. Sports, 7(7):154. PubMed 31247944
  • Henselmans M et al. (2022). The Effect of Carbohydrate Intake on Strength and Resistance Training Performance: A Systematic Review. Nutrients, 14(4):856. PubMed 35215506
  • King A et al. (2022). The Ergogenic Effects of Acute Carbohydrate Feeding on Resistance Exercise Performance: A Systematic Review and Meta-analysis. Sports Medicine, 52(11):2691–2712. PubMed 35809162
  • The Effect of Low-Fat Diets Versus High-Fat Diet on Sex Hormones: A Systematic Review and Meta-Analysis of Randomized Controlled Trials (2025). PubMed 40387562
  • Kreider RB et al. (2017). International Society of Sports Nutrition position stand: safety and efficacy of creatine supplementation. Journal of the International Society of Sports Nutrition, 14:18.
  • Schoenfeld BJ, Aragon AA (2018). How much protein can the body use in a single meal for muscle-building? Journal of the International Society of Sports Nutrition, 15:10.

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