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Variantes de 5/3/1 : comprendre FSL, BBB, Joker et 5s PRO
Lorsque tu t’intéresses un peu plus longtemps à 5/3/1, tu te heurtes vite à un mur d’abréviations :
FSL. SSL. BBB. BBS. 5s PRO. Joker. Leader. Anchor.
À première vue, on dirait une collection de programmes totalement différents.
En réalité, beaucoup de ces termes répondent à des questions différentes au sein d’une même programmation.
C’est la clé pour les comprendre.
BBB et 5s PRO ne sont par exemple pas des concurrents directs. Le premier décrit le Supplemental Work, tandis que le second modifie le Main Work.
Il est donc utile de décomposer 5/3/1 en plusieurs niveaux.
Important : ces trois niveaux constituent un modèle pédagogique, pas une taxonomie officielle de Wendler.
Le modèle : trois questions plutôt que douze abréviations
| Niveau | Question | Exemples |
|---|---|---|
| 1 · Supplemental Work | Que faire en plus des séries principales ? | FSL, SSL, BBB, BBS |
| 2 · Main Work | Comment réaliser les séries principales ? | série de record, 5s PRO |
| 3 · Cadre du programme | Comment alterner les phases d’entraînement ? | Leader, Anchor |
Des éléments comme les séries Joker ou le 7th Week Protocol s’y ajoutent et occupent des rôles spécifiques selon le programme.
Grâce à ce modèle, le chaos des abréviations devient une série de décisions assez simples.
D’abord les fondations : le Main Work
Toutes les variantes reposent sur le même principe :
Les mouvements principaux sont pilotés à partir d’un Training Max.
Le 5/3/1 classique emploie la vague bien connue :
| Semaine | Séries principales |
|---|---|
| 1 | 65 / 75 / 85 % |
| 2 | 70 / 80 / 90 % |
| 3 | 75 / 85 / 95 % |
Si tu ne connais pas encore cette structure ni la fonction du Training Max, commence par là.
→ Comprendre le 5/3/1 de Jim Wendler
Les variantes ne prennent tout leur sens qu’une fois que tu sais quelle partie du système de base elles modifient.
Niveau 1 : le Supplemental Work
Un travail supplémentaire peut suivre le Main Work.
C’est ici que se trouvent des termes comme :
- FSL
- SSL
- BBB
- BBS
- Widowmaker
Ils répondent tous approximativement à la même question :
comment accumuler du travail supplémentaire sur les mouvements principaux ?
Tu ne dois donc généralement pas en choisir plusieurs pour les empiler.
FSL – First Set Last
Le nom décrit déjà le principe.
Après le travail principal, tu reviens à la charge de la première série de travail.
Avec la vague classique, cela donne :
| Semaine | Charge FSL |
|---|---|
| 1 | 65 % du TM |
| 2 | 70 % du TM |
| 3 | 75 % du TM |
Un schéma fréquent est par exemple :
5 × 5 en FSL
Tu accumules ainsi des répétitions supplémentaires avec une charge assez lourde pour un travail technique pertinent, mais nettement inférieure à la série la plus lourde du jour.
Wendler décrit lui-même le FSL en 5 × 5 comme un travail de qualité qui se récupère bien.
C’est précisément ce qui en fait un élément de Supplemental Work très accessible.
SSL – Second Set Last
SSL suit la même logique, mais reprend la charge de la deuxième série principale.
La contrainte augmente donc nettement.
À partir de :
65 / 75 / 85
tu obtiendrais par exemple un Supplemental Work à 75 % du TM.
SSL n’est donc pas simplement « FSL avec un peu plus de poids ».
Sur plusieurs séries, cette différence modifie sensiblement la fatigue.
Même si FSL fonctionne déjà très bien pour toi, tu n’as pas automatiquement besoin de passer à SSL. Une charge plus lourde n’est préférable que si elle reste compatible avec le reste de la programmation.
BBB – Boring But Big
BBB déplace la priorité dans une autre direction.
À la place de séries de cinq, tu réalises généralement :
5 × 10
avec une charge nettement plus légère.
Tu obtiens ainsi beaucoup de répétitions et un volume supplémentaire élevé.
Wendler a publié différents programmes BBB. N’interprète donc jamais un pourcentage isolé sans le contexte du programme.
50 % du Training Max constituent un point de départ de base très répandu.
→ Boring But Big : bien doser les 5 × 10
BBS – Boring But Strong
Boring But Strong emploie lui aussi beaucoup de travail total, mais le répartit autrement.
Au lieu de cinq séries de dix, il utilise de nombreuses séries plus courtes.
Tu peux ainsi obtenir un volume total élevé sans provoquer la même fatigue locale qu’avec une série de dix.
C’est un bon exemple de la raison pour laquelle le nombre total de répétitions ne suffit pas à évaluer une séance.
50 répétitions en 5 × 10 ne procurent pas les mêmes sensations que 50 répétitions en 10 × 5.
Widowmaker
Le Widowmaker ne répartit pas le volume sur de nombreuses séries.
Il s’articule au contraire autour d’une série très longue et difficile.
La contrainte se déplace donc une nouvelle fois.
La leçon essentielle n’est pas que FSL, BBB ou Widowmaker présentent différents degrés de « difficulté ».
Ils organisent le Supplemental Work de manière différente.
Cette organisation doit rester cohérente avec le reste du programme.
Niveau 2 : comment se déroule le Main Work ?
La question change maintenant.
BBB ou FSL ne précisent pas nécessairement comment tu dois exécuter la dernière série principale.
D’autres concepts remplissent ce rôle.
Séries de records
Dans le 5/3/1 classique, le Main Work se termine par une série marquée d’un plus :
5+
3+
1+
Tu réalises au moins le nombre prescrit, puis des répétitions techniquement propres supplémentaires.
L’objectif n’est pas d’atteindre l’échec musculaire absolu.
La série peut toutefois produire un record de répétitions et montrer l’évolution de ta performance.
5s PRO
5s PRO modifie le Main Work.
Au lieu de :
- 5 / 5 / 5+
- 3 / 3 / 3+
- 5 / 3 / 1+
tu réalises les séries principales avec cinq répétitions maîtrisées.
Le signe plus disparaît.
La charge variable du Main Work diminue donc.
Cela peut être pertinent si beaucoup de Supplemental Work est prévu ailleurs.
Le principe compte davantage que l’abréviation :
si tu ajoutes du travail à un endroit, tu dois souvent en retirer à un autre.
5s PRO libère cette marge.
Série de record ou 5s PRO ?
La mauvaise question serait :
laquelle est la meilleure ?
La bonne question est :
quel est l’objectif de la phase d’entraînement actuelle ?
Une série de record te donne davantage d’occasions de montrer directement ta performance et d’accumuler des records de répétitions.
5s PRO maîtrise mieux la contrainte et peut ainsi préserver davantage de ressources pour le Supplemental Work.
Les deux options peuvent être pertinentes.
Mais pas forcément au même moment dans le même programme.
Et où placer les séries Joker ?
Les séries Joker sont des séries supplémentaires plus lourdes que le Main Work ordinaire.
Elles ont surtout gagné en notoriété avec Beyond 5/3/1 et ne constituent pas une obligation automatique dans les programmes ultérieurs.
Cette nuance est importante.
Une série Joker ne signifie pas :
le programme normal était trop facile aujourd’hui, je dois donc toujours ajouter du poids.
Il s’agit d’un outil propre à certains programmes pour ajouter de l’intensité.
Si tu ajoutes régulièrement des séries Joker aux séries de records, à un Supplemental Work lourd et à beaucoup d’assistance, tu modifies la charge de tout le programme.
Le mot « Joker » ne doit donc pas devenir un laissez-passer pour des tentatives maximales improvisées.
Niveau 3 : Leader et Anchor
Avec 5/3/1 Forever, la perspective s’élargit.
Au lieu de réfléchir seulement à ce qui suit la série principale aujourd’hui, tu planifies la succession de différentes phases d’entraînement.
Wendler emploie notamment les termes Leader et Anchor pour cela.
Qu’est-ce qu’un Leader ?
Un Leader donne généralement davantage de poids au travail de construction.
Selon le programme, cela peut par exemple signifier :
- un Main Work maîtrisé
- davantage de Supplemental Work
- des séries de records moins agressives
- une assistance adaptée au programme
BBB constitue un bon exemple d’élément compatible avec ce type de phase de construction.
Le but n’est pas de démontrer une performance maximale chaque semaine.
Tu construis un travail qui servira plus tard.
Qu’est-ce qu’un Anchor ?
Pendant l’Anchor, la priorité se déplace.
Le Supplemental Work peut diminuer et les éléments plus intenses retrouver davantage de place.
Selon le programme précis, il peut par exemple s’agir de séries de records ou d’un autre travail plus intense.
Mais un Anchor ne correspond pas simplement à :
Leader + encore plus lourd.
Il change la répartition de la contrainte.
C’est le cœur du système.
Pourquoi Leader et Anchor existent-ils ?
Imaginons que tu essaies simultanément de :
- réaliser BBB en 5 × 10 lourd
- pousser chaque dernière série principale au maximum
- ajouter des séries Joker
- faire beaucoup d’assistance
- mener un conditionnement intense
Chaque élément peut avoir sa place.
Le problème vient de leur addition.
Wendler critique lui aussi précisément cette façon de programmer : empiler plusieurs éléments exigeants alors que ton temps et ta récupération restent limités.
Leader et Anchor ne résolvent pas le problème avec une formule compliquée.
Ils répartissent les priorités dans le temps.
La règle essentielle n’est donc pas « une variante par niveau »
Le modèle à trois niveaux est utile.
Mais n’en fais pas une nouvelle règle rigide.
5/3/1 Forever contient de nombreux programmes complets dont les différents éléments sont déjà coordonnés.
La meilleure règle est donc :
choisis un programme complet et comprends la fonction de chacun de ses éléments.
Et non :
J’aime BBB. FSL a l’air intéressant aussi. Les Joker sont amusants. Et 5s PRO est censé préserver la récupération. Je vais donc tout prendre.
Ce n’est pas un programme individualisé.
C’est une collection de fonctionnalités.
FSL ou BBB ?
C’est l’une des comparaisons directes les plus pertinentes.
FSL en 5 × 5
- moins de répétitions par série
- charge plus élevée
- très adapté à un travail technique supplémentaire de qualité
- tend à mieux se récupérer
BBB en 5 × 10
- davantage de répétitions par série
- charge plus faible
- volume local plus élevé
- accent généralement plus marqué sur l’hypertrophie
- besoins de récupération supérieurs
Wendler indique lui-même que BBB apporte souvent un peu plus de développement musculaire, tandis que le FSL en 5 × 5 se récupère plus facilement.
Cela ne rend pas une option universellement supérieure à l’autre.
La seule question est :
quel stimulus s’intègre le mieux à ton entraînement actuel ?
5/3/1 classique ou Forever ?
Là encore, rien ne justifie de considérer automatiquement le système le plus complexe comme supérieur.
Si tu découvres 5/3/1, le système classique est précieux, car il t’apprend d’abord :
- comment ton Training Max se comporte
- quelle est la difficulté réelle de chaque semaine
- comment interpréter les séries de records
- comment tu réagis à une progression lente
Ce n’est qu’ensuite que Leader, Anchor, 5s PRO et les différents profils de Supplemental Work deviennent vraiment utiles.
Ce n’est pas un hasard si 5/3/1 Forever suppose une connaissance du système de base.
Des repères pratiques
| Situation | Point de départ pertinent |
|---|---|
| Tu découvres complètement 5/3/1 | comprendre d’abord le système de base |
| Tu veux un travail supplémentaire facile à maîtriser | FSL |
| Tu veux plus de volume supplémentaire ou de développement musculaire | BBB |
| Tu prévois beaucoup de Supplemental Work | mieux maîtriser le Main Work, par exemple avec 5s PRO si le programme le prévoit |
| Tu entres dans une phase plus intense | programme Anchor adapté |
| Une charge plus lourde semble exceptionnellement facile aujourd’hui | ne pas ajouter automatiquement de Joker ; vérifier le programme |
| Tu veux cumuler BBB, Joker, séries de records et beaucoup d’assistance | probablement réduire le nombre de priorités |
Ce tableau ne remplace pas un modèle concret.
Il montre simplement à quelle question répond chaque élément.
Comment hitPR présente ces variantes
hitPR propose plusieurs plans fondés sur 5/3/1, avec des priorités différentes.
Périodisation ondulatoire (force)
Un travail supplémentaire en 5 × 5 suit le Main Work.
Le concept se rapproche d’un Supplemental Work de type FSL.
Périodisation ondulatoire (volume)
Tu réalises 5 × 10 après le travail principal.
La priorité se rapproche donc nettement de BBB.
Périodisation ondulatoire (réalisation)
Le volume supplémentaire diminue au profit d’une phase plus intense ou d’un test.
Tu retrouves ainsi le même principe que dans la séparation entre phases de construction et de réalisation :
toutes les qualités d’entraînement ne sont pas maximisées simultanément.
Conclusion
Les nombreux termes de 5/3/1 deviennent bien plus simples lorsque tu te demandes quelle partie de l’entraînement chacun modifie.
Comme modèle mental :
- Supplemental Work : FSL, SSL, BBB, BBS…
- Main Work : séries de records, 5s PRO…
- Cadre général du programme : Leader, Anchor…
Les séries Joker et d’autres outils s’y ajoutent selon le programme choisi.
Les leçons essentielles :
- FSL et BBB sont deux façons différentes d’organiser le travail supplémentaire.
- 5s PRO modifie le travail principal et peut préserver de la récupération pour le reste.
- Les séries Joker ne sont ni obligatoires ni un substitut à une progression raisonnable.
- Leader et Anchor répartissent les priorités d’entraînement sur une période plus longue.
- 5/3/1 Forever n’est pas une simple liste de modèles librement combinables.
- Cumuler plus lourd, plus long et davantage d’éléments n’est pas automatiquement préférable.
La règle la plus importante de 5/3/1 est probablement celle-ci :
un bon programme ne cherche pas à utiliser simultanément le plus grand nombre de bonnes idées. Il emploie les bonnes idées au bon moment.
Sources
- Jim Wendler: 5/3/1, 2nd Edition.
- Jim Wendler: Beyond 5/3/1.
- Jim Wendler: 5/3/1 Forever.
- Jim Wendler: 5/3/1 for Beginners
- Jim Wendler: 5x5 First Set Last vs Boring But Big
- The Fitness Wiki: 5/3/1 Primer
Questions fréquemment posées
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