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Homme effectuant un soulevé de terre lourd avec une barre dans une salle de sport

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5/3/1 de Jim Wendler : comprendre le programme

· Chris · 12 min de lecture · Mis à jour

À première vue, 5/3/1 semble presque trop simple : quatre mouvements de base, trois séries de travail et des charges qui n’augmentent que lentement.

C’est précisément l’idée.

Au lieu de tester sans cesse la charge maximale que tu peux soulever aujourd’hui, tu travailles avec un Training Max volontairement prudent. Les charges progressent lentement, les séries essentielles restent sous-maximales et la progression se planifie sur des mois plutôt que sur quelques séances spectaculaires.

Le système de base se comprend vite. Les choses se compliquent seulement lorsque s’ajoutent des termes comme BBB, FSL, 5s PRO, Joker, Leader et Anchor.

Commençons donc par les fondations.


5/3/1 en une minute

Le 5/3/1 classique s’articule autour de quatre exercices :

  • squat
  • développé couché
  • soulevé de terre
  • développé militaire

Tu définis un Training Max (TM) propre à chacun.

Tous les pourcentages du programme sont calculés à partir de ce TM, et non directement à partir de ton véritable 1RM.

Le travail principal se déroule sur trois semaines de charge :

SemaineSérie 1Série 2Série 3
165 % × 575 % × 585 % × 5+
270 % × 380 % × 390 % × 3+
375 % × 585 % × 395 % × 1+

Dans la version classique, le signe plus signifie qu’après les répétitions prescrites, tu continues avec des répétitions supplémentaires tant que ta technique reste propre.

La période d’entraînement suivante commence ensuite avec un Training Max légèrement plus élevé.

Voilà l’ossature du système.


Pourquoi 5/3/1 ne calcule pas les charges à partir de ton vrai maximum

Imaginons que tu puisses réaliser une répétition propre à 100 kg au développé couché.

Le raisonnement le plus évident serait :

Mon maximum est de 100 kg, je vais donc calculer toutes mes charges d’entraînement à partir de cette valeur.

5/3/1 choisit délibérément une autre voie.

Tu utilises un Training Max inférieur à ta performance maximale réelle. Les différentes générations et les différents programmes de la famille 5/3/1 ne partent pas tous de la même valeur, mais celle-ci se situe souvent autour de 85 à 90 % d’un 1RM réaliste.

Avec un vrai 1RM de 100 kg, ton TM pourrait par exemple être fixé à 90 kg.

Les 95 % de la semaine 3 donneraient alors :

90 kg × 0,95 = 85,5 kg

Tu ne t’entraînes donc pas à 95 % de ton véritable maximum, mais à 95 % d’une valeur de planification déjà prudente.

Ce n’est pas un détour. C’est l’un des principes essentiels du système.

Calculer ton Training Max


Pourquoi le Training Max est volontairement prudent

Un TM plus bas rend les premières charges moins impressionnantes.

En échange, il t’offre quelque chose de plus précieux : de la marge.

Si chaque charge de travail te place déjà à la limite de tes capacités, il ne reste presque aucune place pour les jours sans, les progrès techniques ou les augmentations à long terme.

Un TM prudent te permet au contraire d’accumuler des répétitions lourdes sans transformer chaque semaine en test maximal.

Cela correspond à l’un des principes les plus connus de 5/3/1 :

commencer assez léger, progresser lentement et maîtriser les charges sur le long terme.

Le Training Max est donc moins un test de condition physique qu’une variable de pilotage.


Les trois semaines en détail

Semaine 1 : la semaine de cinq

SérieRépétitions% du TM
1565 %
2575 %
35+85 %

La première semaine présente l’intensité la plus basse.

Cela ne signifie pas que la dernière série sera forcément facile. Grâce au signe plus, tu peux dépasser largement les cinq répétitions.

Semaine 2 : la semaine de trois

SérieRépétitions% du TM
1370 %
2380 %
33+90 %

La charge augmente tandis que le nombre de répétitions prescrit diminue.

Semaine 3 : la semaine 5/3/1

SérieRépétitions% du TM
1575 %
2385 %
31+95 %

Tu réalises ici la série la plus lourde du cycle.

Le 1+ ne doit toutefois pas devenir un test de 1RM planifié. Comme les pourcentages reposent sur le Training Max, plusieurs répétitions techniquement propres devraient normalement rester possibles.

L’interprétation de cette série mérite un article à part entière :

La série AMRAP dans 5/3/1


Le signe plus transforme un plan en pourcentages en système de feedback

Sans le signe plus, 5/3/1 serait essentiellement un simple plan fondé sur des pourcentages.

Avec lui, quelque chose de plus intéressant se produit.

Imaginons que tu réalises dans un cycle :

85 kg × 5

Quelques cycles plus tard, sur une série lourde comparable, tu atteins :

85 kg × 8

Ta capacité de performance a progressé, même sans véritable tentative maximale.

La dernière série peut ainsi t’apporter trois informations :

  • un record de répétitions
  • l’évolution de ton 1RM estimé
  • un retour sur l’adéquation entre ton TM et ton niveau actuel

C’est précisément pourquoi une série AMRAP de 5/3/1 ne doit pas être comprise comme une série hebdomadaire jusqu’à l’échec.

L’objectif est d’accumuler des répétitions productives, pas d’arracher à tout prix une répétition de plus.


Comment le Training Max augmente-t-il ?

Dans le système classique, le TM augmente par petits paliers après un cycle réussi.

Les repères habituels sont :

  • développé couché et développé militaire : environ +2,5 kg
  • squat et soulevé de terre : environ +5 kg

Cela paraît lent.

Et c’est intentionnel.

5/3/1 ne cherche pas à transférer le plus vite possible ton gain de force théorique sur la barre. Le système cherche à faire monter les charges d’entraînement de façon maîtrisée aussi longtemps que possible.

Une erreur fréquente consiste donc à « accélérer » le programme parce que les premiers cycles semblent trop faciles.

Tu supprimerais alors exactement la marge sur laquelle repose le programme.


Main Work, Supplemental Work et Assistance ne désignent pas la même chose

Une distinction importante disparaît dans de nombreuses explications.

Une séance 5/3/1 complète ne se résume pas aux trois pourcentages.

Elle comporte plusieurs niveaux.

Main Work

Il s’agit des séries principales de 5/3/1.

Exemple :

65 × 5, 75 × 5, 85 × 5+

Supplemental Work

Un travail supplémentaire sur un mouvement principal peut suivre.

Exemples :

  • FSL – First Set Last
  • BBB – Boring But Big
  • SSL – Second Set Last
  • d’autres variantes propres à chaque programme

Assistance

Viennent ensuite les exercices qui peuvent compléter la séance :

  • mouvements de tirage
  • mouvements de poussée
  • exercices unilatéraux pour les jambes
  • travail du tronc
  • selon le programme, d’autres mouvements plus ciblés

Ces niveaux ne remplissent pas la même fonction.

C’est pourquoi il ne faut pas ajouter du volume partout sans réfléchir.

Si le Supplemental Work est déjà très exigeant, il faut souvent en faire moins ailleurs.


FSL : davantage de travail avec une fatigue maîtrisable

First Set Last est une variante bien connue du travail supplémentaire.

Le principe est simple :

Après le travail principal, tu reprends la charge de la première série de travail.

Un schéma possible est par exemple :

5 × 5 en FSL

La première semaine, cela représente cinq séries supplémentaires de cinq répétitions à 65 % du TM.

L’avantage : tu accumules des répétitions supplémentaires de bonne qualité technique sans passer directement à des séries très longues.

FSL est donc souvent plus facile à récupérer qu’un bloc de volume agressif.


BBB : lorsque le volume passe davantage au premier plan

Boring But Big suit une autre approche.

Après le travail principal, tu effectues :

5 × 10

avec une charge nettement plus légère.

50 répétitions d’un mouvement de base changent fortement le caractère de la séance. La charge par répétition est plus faible, mais le volume total est élevé.

BBB est donc souvent utilisé lorsque la prise de muscle et le développement de la capacité de travail deviennent plus importants.

Boring But Big en détail


L’assistance ne doit pas devenir la partie principale cachée du programme

Après le Main Work et le Supplemental Work, la tentation est grande d’ajouter autant d’exercices que possible.

Encore des pectoraux.

Un peu de triceps.

De la presse à cuisses.

Des curls.

Des élévations latérales.

Et une dernière supersérie, puisque tu es déjà à la salle.

C’est ainsi qu’un programme pourtant prudent peut devenir soudain très fatigant.

Dans les programmes plus récents de Wendler, l’assistance n’est donc pas considérée indépendamment du reste. Le programme choisi détermine quelle combinaison de Supplemental Work, d’assistance et de conditionnement reste cohérente.

Le principe essentiel est le suivant :

plus tu en fais à un endroit, moins il te reste de marge ailleurs.


Le 5/3/1 classique et 5/3/1 Forever ne sont pas identiques

Une grande partie de la confusion vient de là.

Le 5/3/1 d’origine est assez simple à expliquer : Training Max, trois semaines de charge, Main Work et progression lente.

Avec Beyond 5/3/1, puis 5/3/1 Forever, il est devenu un système de programmation beaucoup plus vaste.

Tu y rencontres notamment :

  • 5s PRO
  • FSL et d’autres variantes de Supplemental Work
  • les séries Joker
  • Leader et Anchor
  • le 7th Week Protocol
  • des consignes d’assistance et de conditionnement propres à chaque programme

Cela ne signifie pas que le système classique est « faux » ou dépassé.

Cela signifie simplement qu’aujourd’hui, 5/3/1 désigne à la fois un système de base simple et une famille de programmes bien plus complète.

Si tu débutes, commence par comprendre les fondations.

Les variantes deviendront ensuite beaucoup plus claires.

Variantes de 5/3/1 : FSL, BBB, 5s PRO et plus


Leader et Anchor : ne pas pousser tous les leviers à la fois

L’une des idées majeures de 5/3/1 Forever consiste à séparer différentes phases d’entraînement.

En simplifiant :

Leader

Cette phase met souvent davantage l’accent sur le travail de construction et le volume supplémentaire.

Selon le programme, elle peut par exemple employer 5s PRO, BBB ou un volume FSL plus important.

Anchor

L’accent se déplace ensuite.

Le travail supplémentaire peut diminuer, tandis que les séries de records personnels ou d’autres éléments plus intenses reprennent davantage de place.

L’organisation exacte dépend du programme 5/3/1 choisi.

L’idée qui compte est la suivante :

tu n’as pas besoin de cumuler simultanément le maximum de travail supplémentaire, d’assistance, de séries de records, de séries Joker et de conditionnement intense.

Ta capacité de récupération est limitée.

Leader et Anchor répartissent différents axes de travail dans le temps.


À qui 5/3/1 convient-il ?

5/3/1 est particulièrement intéressant si tu :

  • maîtrises déjà les mouvements de base
  • n’as plus besoin d’ajouter du poids à chaque séance
  • apprécies les pourcentages clairement définis
  • préfères une progression durable à une progression agressive
  • veux planifier ta musculation sur des mois et des années

Le système peut être moins attrayant si tu débutes complètement et peux encore progresser presque à chaque séance.

Une progression linéaire simple sera alors souvent plus rapide et plus facile à comprendre au départ.

Des programmes comme la Basic Beginner Routine ou GZCLP proposent par exemple une entrée en matière plus directe.


L’erreur de raisonnement la plus fréquente : le TM doit prouver ta force

Un Training Max n’est pas un record.

Si ton vrai 1RM est de 150 kg, saisir un TM de 150 kg simplement parce que tu peux théoriquement soulever cette charge ne t’apporte rien.

Tu supprimes alors les réserves prévues par le système.

Le TM n’a pas besoin d’être impressionnant.

Il doit produire de bonnes charges d’entraînement.

Si tes séries de travail deviennent trop lourdes sur la durée, ajuster ton TM ne constitue donc pas un recul.

Au contraire, cela permet au système de continuer à fonctionner.


5/3/1 dans hitPR

hitPR propose plusieurs plans qui utilisent des éléments du système 5/3/1.

Leur priorité diffère :

Le nom du modèle n’est pas l’essentiel.

Ce qui compte, c’est de pouvoir planifier conjointement le Main Work, le volume supplémentaire et le Training Max, puis de suivre leur évolution sur plusieurs cycles.

Les pourcentages isolés deviennent ainsi un véritable parcours d’entraînement.


Conclusion

Au fond, 5/3/1 est étonnamment simple :

Tu travailles avec un Training Max prudent, tu t’entraînes selon des vagues de charge récurrentes et tu augmentes lentement tes valeurs de planification.

Les points essentiels :

  • Les pourcentages s’appliquent à ton Training Max, pas à ton véritable 1RM.
  • Un TM prudent est intentionnel ; il ne signifie pas que tu t’entraînes trop léger.
  • Le travail principal classique suit une semaine de cinq, une semaine de trois et une semaine de 5/3/1.
  • Les séries de records ou AMRAP fournissent du feedback sans imposer de véritables tentatives maximales en permanence.
  • FSL, BBB, 5s PRO, Joker et les notions similaires prolongent le système de base.
  • Dans 5/3/1 Forever, ces éléments s’intègrent à des programmes plus vastes et à des phases Leader et Anchor.
  • En faire plus n’est pas automatiquement mieux : Main Work, Supplemental Work, Assistance et conditionnement doivent rester cohérents entre eux.

Le véritable principe de 5/3/1 est donc moins spectaculaire que nombre de ses variantes :

entraîne-toi légèrement sous ta limite actuelle, accumule du travail de qualité et laisse du temps à la progression.

Sources

Questions fréquemment posées

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